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« C'est quand on se rend compte de la chance qu'on a, qu'on arrête de regarder pas plus loin que le bout de son nez. C'est quand on aide ses amis et que le retour est inexistant qu'on fait des choix et parfois qui font mal. On raye de la liste des soit-disant amis, on fait une croix sur des relations malsaines, on ouvre les yeux sur tout ce qui se cachait derrière ce voile noire que l'on crée soit même. Ca ne t'ai jamais venu à l'idée que tu avais tord Que la vie que tu avais choisi était tout ce que personne ne souhaite. Adolescence ne devrait pas toujours rimer avec inconscience. On s'amuse, puis on flippe. Prend la vie comme elle vient .. La liberté est beaucoup plus excitante que la prison que tu me proposes.
On oublie souvent que ce qu'on regarde dans le miroir c'est nous, et pas ce que les autres voient.
»

La fin d'une vie sur messagerie



Texte : Nakiru
Model : la petite Chloé
Photo : Nakiru

# Posté le lundi 19 janvier 2009 14:52

Modifié le mardi 14 juillet 2009 04:54

L'idéal

L'idéal
Ce ne seront jamais ces beautés de vignettes,
Produits avariés, nés d'un siècle vaurien,
Ces pieds à brodequins, ces doigts à castagnettes,
Qui sauront satisfaire un coeur comme le mien.

Je laisse à Gavarni, poète des chloroses,
Son troupeau gazouillant de beautés d'hôpital,
Car je ne puis trouver parmi ces pâles roses
Une fleur qui ressemble à mon rouge idéal.

Ce qu'il faut à ce coeur profond comme un abîme,
C'est vous, Lady Macbeth, âme puissante au crime,
Rêve d'Eschyle éclos au climat des autans ;

Ou bien toi, grande Nuit, fille de Michel-Ange,
Qui tors paisiblement dans une pose étrange
Tes appas façonnés aux bouches des Titans !

Texte : Charles Baudelaire
Photo : Nakiru

# Posté le mercredi 28 janvier 2009 12:27

Modifié le samedi 21 mars 2009 09:19

Poison, blade, rope, or drug. I am definitely not yours

Poison, blade, rope, or drug. I am definitely not yours
Heads, you live. Tales, you die

C'était une après-midi ensoleillée. Maman venait de quitter la maison. Elle avait claqué la porte un peu trop forte ce jour-là. Je ne sais pas si c'était du à la pâleur de son visage ou à la froideur de ses mains, mais je n'étais pas rassurée. Je sortis le chien, gardant mes écouteurs enfoncés dans mes oreilles. Je me sentais planer. Dévalant l'escalier de terre, j'étais au dessus des marches. Refermant le portail en bois derrière nous, j'avançais sans but précis, ma tête toujours pleine. Je vomissais mes pensées. Je déglutis, ma tête était trop encombrée. Arrivée dans le champ, le vent froid me giflait le visage. Je remontais ma fermeture éclair et glissais mes mains dans les poches de mon manteau. Il faisait des trous, plus haut, avec une efficacité déconcertante. C'est comme ci, à ce moment là, il fit un trou dans les nuages. Une tache aveuglante en sortie, m'ordonnant de détourner les yeux. Mes paupières vacillèrent et je me laissai tomber au sol. Mes oreilles bourdonnèrent, la musique même devenait oppressante. Je laissai le son du piano m'inondé les tympans. Chaque note raisonnait, me frappant la tête, faisant plisser mon front. Mais la mélodie devenait plus légère, les notes se faufilaient dans mon esprit ; je m'apaisai. La lourdeur de mes pensées s'évanouissait. Le trou dans les nuages disparu. J'étais bien seul dans ma tête, il n'y avait pas de doute. J'étais seule à vouloir m'en évader, alors qu'il fallait lui rendre son agréable compagnie. J'ai compris pourquoi je ne trouvais pas de solution : je cherchais à me fuir. Je ne pouvais pas me séparer de mon corps, et pourtant je me tiraillai volontairement. La solution était pourtant évidente : je ne devais plus avoir peur de redevenir moi.

Photo : Nakiru
Texte : Nakiru

# Posté le samedi 31 janvier 2009 08:38

Modifié le samedi 21 mars 2009 09:32

Moi, ça va.

Moi, ça va.
Elle s'appelle Mama. Non, ce n'est pas son nom, mais tout le monde l'appelle comme ça. L'âge lui avait creusé des sillons sous les yeux, son nez ressemblait à une patate et ses oreilles, elle avait du les couper à un chien qu'elle trouvait mignon. Mama était vieille, ridée ; elle n'avait pas un physique avantageux. Bref, Mama était moche.
Mama travaille au supermarché, ce qui n'a rien d'intéressant. Elle passe ses journées à ne rien faire, assise devant sa caisse. Elle voit passer des clients, elle mange des gens, elle recrache des articles. Mama attend la retraite. Le soir, Mama drague au bar. Le patron qui lui paye des verres et essaye de la faire rire en lui racontant des blagues pourries, le policier détendu d'une journée de merde qui a bu un coup de trop, le ptit jeune trop timide pour lui demander d'aller danser, le vieil alcoolique qui l'appelle ma beauté et qui colle toujours son tabouret au sien. Oui, Mama plait, aussi.
Mama déteste qu'on l'appelle par son prénom : Paulette. Mama déteste aussi le café bouillant. Mama aime boire du rhum. Elle aime aussi Jojo, le patron du bar. Les gens aiment bien Mama, elle fait rire les gens et fait du mal à personne.

Mais Mama va mourir. Mama a un cancer du sein. C'est son médecin bigleux qui vient de lui annoncer en faisant tomber son morceau de gâteau dans son café beaucoup trop chaud. Mama voudrait lui renverser son café dessus pour qu'il se rende compte qu'il est trop chaud.
Mama va passer ses deux derniers mois de vie sur un lit d'hôpital. Mama regrette beaucoup de choses. Mama n'a jamais vu l'océan parce qu'avec son salaire de caissière elle n'a jamais pu bouger son cul plus loin qu'Orléans. Mama n'a pas reparlé à sa petite fille depuis que cette dernière est partie de chez elle avec son petit copain du moment en Australie. Mama n'a jamais dit à Jojo qu'elle était amoureuse de lui depuis que son mari est mort, il y a dix ans. Mama n'aime pas les hôpitaux, mais elle va mourir dedans. Elle sait qu'elle va mourir. Mama n'a pas peur.

Plus tard, Jojo ira poser des fleurs sur la tombe de Mama qu'il aimait en secret.

Plus tard, la fille de Mama apprendra la mort de sa mère quand son petit ami l'aura plaqué pour une bimbo australienne.

Plus tard, plus personne ne se souviendra de Mama.

Pourtant, c'était une sympathique petite vieille.


Texte : Nakiru
Modèle : little Nakiru
Photo : Ma maman

# Posté le jeudi 19 février 2009 17:31

Modifié le mercredi 08 avril 2009 06:49

Des gens rentrent dans ma vie, comme je me glisse dans mon lit. Bien au chaud, prête pour un nouveau rêve. Et c'est parti ..

Des gens rentrent dans ma vie, comme je me glisse dans mon lit. Bien au chaud, prête pour un nouveau rêve. Et c'est parti ..

C'est à n'y rien comprendre. J'ai rencontré Anne par hasard à la pendaison de crémaillère d'une bande d'amis. Il était très tard et l'air était chargé d'électricité. Je l'ai tout de suite reconnue et me suis mis à trembler de tous mes membres (y compris celui du milieu). Croyez-le ou non, dès qu'elle m'a vu, elle a arrêté de danser, s'est approchée lentement, m'a pris la main et m'a entraîné dans une chambre. Là, elle m'a serré la main un peu plus fort et m'a embrassé sur les lèvres, doucement, comme au cinéma. Trois fois. Et elle est repartie. Je me suis souvenu de Jean-Pierre Léaud demandant si les femmes étaient magiques. Au lieu de réfléchir, j'aurais mieux fait de suivre Anne, mais était-ce possible ? Quoi qu'il en fût, j'eus beau retourner l'appartement dans tous les sens, elle avait bel et bien disparu. J'étais incapable de dire si j'avais rêvé ou non. " Oh Seigneur, faites que ce ne soit pas un rêve ! " C'est fou ce qu'on devient croyant dans ces moments-là. Et le jour s'est levé.


Texte : Mémoires d'un jeune homme dérangé - F.B.
Photo : Nakiru

# Posté le mardi 24 février 2009 14:45